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Comment la surcharge informationnelle affecte notre santé mentale

Addiction aux écrans et exposition permanente à l’information

Je souffre d’une addiction, qui sera mon combat pour les années à venir : une addiction au numérique. Je passe littéralement des heures tous les jours sur mon téléphone à scroller sur Instagram, Facebook, YouTube, à jouer à des jeux mobiles… Loin d’être la seule dans ce cas, c’est précisément pour cette raison que je souhaite intégrer cette question cruciale à mon activité.

Pour autant, je ne suis pas opposée au développement de la technologie et à ses bienfaits.  Mais quand il s’agit de perdre en qualités humaines ( empathie, capacités intellectuelles, compétences ), quand nous ne pouvons plus nous passer de la technologie, là, je me questionne.

Combien de personnes dans votre entourage connaissez-vous qui ne se déplacent plus sans GPS et ne sont plus capables de lire une carte ou de se repérer avec des panneaux ? Qui se soucie de retenir des numéros de téléphones par cœur ? Au fond, combien sommes-nous à avoir perdu ces capacités? 

Un événement révélateur

Pour les vacances de Noël, nous étions chez mes parents.

Il faut savoir que je suis quelqu’un de plutôt discrète. Je partage peu mes opinions, je ne débat pas. Par expérience, j’ai compris très tôt que ce que je pensais n’avait, en apparence, aucun intérêt ni importance. Les rares fois où j’ai voulu défendre mon point de vue, l’émotion était si forte que mes idées se brouillaient, laissant à l’autre le soin de m’écraser. Il s’agissait bien plus d’une lutte de pouvoir que d’un débat.

La semaine s’est plutôt bien déroulée. Pas de tensions particulières, pas de débordements, les sujets potentiellement sensibles étant restés sous le tapis, et avec l’âge, j’aime à penser que nous devenons tous un peu plus sages.

Le dernier jour, à quelques minutes de mon départ, s’est engagée une discussion avec ma sœur aînée sur un sujet très sensible pour moi : le féminisme. C’est un sujet central dans ma vie. C’est aussi en lien avec mon métier, puisque la charge mentale est une conséquence directe du système patriarcal. J’ai énormément lu, écouté des podcasts, suivi des personnes engagées sur les réseaux sociaux. J’en consomme quotidiennement depuis des années.

Je vous épargnerai les propos échangés, ce n’est pas le sujet de cet article. Toujours est-il que je me suis retrouvée confrontée à un discours particulièrement dérangeant. J’aurais pu faire le choix de me taire, d’écouter, de questionner. Mais je ne pouvais pas rester insensible à cette discussion et, comme d’habitude, je me suis laissée déborder par les émotions. Ce sujet est si important pour moi, si fort, que je n’ai pas su garder mon sang-froid.

S’en est suivie une montée en pression pour tout le monde, alimentée par mes autres sœurs présentes, qui ont la fâcheuse tendance à mettre de l’huile sur le feu (nous ne sommes définitivement pas plus sages). De très sympathiques derniers instants en famille.

Quel lien, me direz-vous, entre cet événement et mon addiction au numérique ? Pas d’inquiétude, nous allons raccrocher les wagons.

Qualité de l’information et impact émotionnel

J’avais déjà compris il y a longtemps que la polarité des informations que je recevais avait un impact sur mon bien-être mental. C’est la raison pour laquelle j’ai cessé de suivre des comptes comme celui d’Hugo Clément, où l’on parle d’écologie et des sévices commis par l’être humain sur les animaux, ou encore des comptes qui parlent des violences faites aux enfants. Cette consommation quotidienne et massive d’informations était responsable d’un mal-être plus profond.

Je ne suis d’ailleurs plus capable de regarder des films ou séries dramatiques. Je n’ai pas dépassé l’épisode 5 de la première saison de Game of Thrones pour cette raison. Depuis toujours, je suis sensible à l’injustice, à la souffrance des autres et des animaux. Réelle ou fictive, la violence montrée dans les films est une extension de la réalité.

Mon travail m’a amenée à m’intéresser au féminisme, ou bien est-ce l’inverse ? Toujours est-il que si je peux décider, pour me préserver, de ne pas suivre de contenus qui parlent des violences faites aux enfants, il m’est impossible de ne pas me nourrir des études, recherches et débats d’actualité autour du féminisme. Mais lire chaque jour les violences, les injustices, les horreurs commises contre les femmes et les enfants ( victimes souvent invisibilisées du patriarcat ) a un impact direct sur ma santé mentale.

Comment vivre sereinement, avoir foi en l’avenir, en l’être humain, quand nous sommes assaillis quotidiennement par un flot d’horreurs et de violences commises par ce dernier ? Quelles solutions s’offrent à moi ?

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Quand l’excès d’information devient toxique pour le cerveau

Je ne crois pas, dans ce cas précis, que l’information soit le poison en elle-même. Comme souvent, c’est l’excès qui fait le poison.

Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que cette exposition répétée à des contenus émotionnellement chargés n’est pas neutre pour le cerveau.

Les études montrent que la surcharge informationnelle est associée à :

  • une augmentation du stress et de l’anxiété,
  • une fatigue mentale chronique,
  • une réactivité émotionnelle accrue,
  • une difficulté à prendre du recul et à traiter les informations de manière critique,
  • une perte de notre capacité d’empathie et de notre humanité par la même occasion.

Le cerveau humain n’est pas fait pour absorber en continu un flux massif d’informations, il n’est pas capable de trier ce flux.

Je n’ai aucune idée de ce qu’il adviendra de l’humain dans les années et siècles à venir, mais pour le moment, et parce que je suis noyée dans un flux informationnel alarmiste, je n’ai pas une vision très positive de notre avenir commun. Est-ce que faire le choix de revenir en arrière, de ralentir fera de moi un être subversif ? Déconnectée (et c’est le cas de le dire) de la réalité de ce monde, une paria de la société ? Cela semble un peu fort, mais c’est une question légitime. Je vois de plus en plus de monde se faire piéger par leur téléphone, des gens sensés, des gens intelligents, des gens qui se revendiquaient même anti-numérique… Le téléphone toujours à portée de main, prêt à dégainer à la moindre occasion. La peur du vide, de l’ennui, des questions sans réponses…

Mes engagements

Ma surcharge informative étant liée à ma consommation numérique, mon premier pas sera de lire le livre La méthode simple pour se libérer des écrans. La méthode utilisée par Allen Carr pour se libérer du tabac, adaptée pour la dépendance numérique. Je veux retrouver ma liberté, ma liberté de choisir, je veux être capable de raisonner sans me faire submerger par mes émotions, de prendre du recul, je veux retrouver un équilibre émotionnel, une stabilité et pouvoir être plus présente avec les gens que j’aime, retrouver et embrasser ma créativité. La promesse est belle, et cela surpasse et de loin l’intérêt de continuer à vivre greffée à mon téléphone.

Je compte également faire un tri dans les comptes que je suis, groupes Facebook, newsletters, abonnements YouTube ou de podcasts… Garder l’essentiel, me séparer des comptes similaires m’apportant des informations similaires, ou anxiogènes.

Je m’abstiendrai de regarder les commentaires sous les posts, les réactions de certaines personnes étant plus déstabilisantes que le contenu du post lui-même.

Ce sont mes engagements pour commencer à retrouver un semblant de sérénité. L’avenir me dira si le chemin que je choisis d’emprunter me sera bénéfique ou non.

Réapprendre à choisir ce que nous laissons entrer

Faire des pauses informationnelles ne signifie pas se couper du monde, ni devenir ignorant ou indifférent. Nous ne ratons rien d’essentiel en ralentissant. Ce que nous affrontons réellement, c’est la peur du vide et de l’ennui. Parce qu’il n’est plus très présent dans nos vies saturées de stimulations. Pourtant, ce vide est le premier espace de la créativité, de l’imagination, de la pensée profonde. C’est dans ces moments sans distraction que le cerveau peut enfin trier, digérer, transformer ce qu’il a reçu.

Toutes les sources d’information ne se valent pas. Lire un livre, un article long, une étude, est un acte choisi. Le rythme est plus lent, le contenu plus structuré, moins intrusif. À l’inverse, le scroll nous impose des informations que nous n’avons pas demandées, dans un ordre que nous n’avons pas choisi, souvent chargées émotionnellement, sans nous laisser le temps de les digérer.

La première étape n’est pas de tout couper, mais d’observer. Observer nos réactions, nos émotions, notre état intérieur après avoir consommé certaines informations. Vous sentez vous nourris ou nerveux? Boosté ou vidés?

Dans un second temps, vient le choix. Le choix de trier nos sources, de décider ce que nous acceptons de recevoir et ce que nous refusons.

La surcharge informationnelle n’est pas une fatalité. Elle est le symptôme d’un monde qui confond quantité et valeur. Revenir à une information plus rare, plus choisie, plus douce pour le cerveau, c’est peut-être l’un des premiers gestes de soin que nous pouvons poser pour notre santé mentale.

Je pense à la petite fille que j’étais et je m’estime chanceuse d’avoir pu grandir dans un monde où les smartphones n’existaient pas encore. Chaque jour, nous déployions des trésors de créativité et d’ingéniosité. Nous y déployions des trésors de créativité et d’ingéniosité, portés par le vide, par l’ennui, par l’espace laissé à l’imaginaire.

Votre cerveau n’est pas une poubelle, il est un lieu précieux, sensible, vivant… Votre meilleur atout, votre meilleur allié. Prenez-en soin. Prenez soin de vous. À très vite.

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