Perfectionniste ordre
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Perfectionniste : Transformez vos exigences pour plus de sérénité

Depuis toujours, des chercheurs et des passionnés tentent de décrypter les comportements humains et d’établir des profils pour mieux nous comprendre. Vous avez peut-être entendu parler de l’ennéagramme, du Human Design ou encore des archétypes de Carl Jung ?

Il existe aussi des profils liés à l’encombrement. Élodie Wery a identifié 13 profils sujets à l’accumulation et 3 profils de sur-consommateurs. Ces profils font partie d’un processus qui nous aide à comprendre les raisons profondes de notre encombrement et à trouver des solutions adaptées à notre personnalité. Le home organising, c’est du sur-mesure !

Prendre conscience de ces profils, c’est aussi mieux comprendre nos proches et pourquoi l’ordre et le rangement sont des sujets parfois conflictuels au sein d’une même famille.

Vous vous reconnaîtrez sûrement dans plusieurs profils, et c’est tout à fait normal ! Nous sommes des êtres complexes, en perpétuelle évolution. Pour ma part, je me retrouve dans plusieurs d’entre eux : le perfectionniste, le maisonphobe, l’hésitant et le créatif.

Le premier profil que je vais aborder est sans doute le plus évident dans l’imaginaire collectif lorsqu’on parle d’organisation : le perfectionniste. Il en existe au moins deux types, que je vais détailler ci-dessous.

Le perfectionniste psychorigide

Quand je vous parle de perfectionniste, vous imaginez aisément Brie Van de Kamp de Desperate Housewives : toujours impeccable, préparant les meilleurs gâteaux, veillant à ce que sa famille soit irréprochable, maîtrisant à la perfection l’art du ménage au point que l’on pourrait manger sur son sol. Ou encore Monica Geller dans Friends, avec son obsession pour l’ordre et la propreté. Deux femmes névrosées, control freaks, qui cachent de profondes failles.

Les comportements observés

Ces perfectionnistes sont d’une extrême rigidité. Ils ne supportent pas le désordre, imposent des règles strictes et rendent l’entretien de la maison presque militaire. Leur besoin de contrôle est tel qu’il les empêche de déléguer. Et lorsqu’ils tentent de le faire, le résultat est toujours décevant à leurs yeux, les poussant à repasser derrière les autres.

J’ai rencontré une femme qui ne supportait plus que son mari cuisine, pourtant une activité qu’il adore. Pourquoi ? Parce qu’un plat simple lui prenait des heures. Il nettoyait et rangeait après chaque micro-étape :

  • Il casse un œuf ? Hop, il jette la coquille, se lave les mains, nettoie la moindre coulure sur le saladier, essuie la table…

  • Il met un peu de farine sur le côté ? Immédiatement, il prend l’éponge, essuie, se relave les mains, balaie le sol avant de continuer…

À ce niveau, c’en est maladif.

Les blessures cachées

Derrière cette rigidité se cache une insécurité profonde. L’illusion du contrôle de leur environnement leur procure un sentiment de sécurité. Ces perfectionnistes souffrent, mais ils ne sont pas les seuls : leur entourage aussi. Ce besoin extrême d’ordre et de maîtrise peut générer de la peur, du rejet, et une perte d’autonomie chez leurs proches. Un système de rangement trop complexe, des étapes de nettoyage interminables… Autant de contraintes qui découragent les membres de la famille à participer aux tâches ménagères.

Ce comportement trouve souvent son origine dans une blessure non traitée :

  • Un traumatisme (comme pour Brie, mais je préfère éviter de spoiler).

  • Un conditionnement familial : Monica, par exemple, cherche désespérément à correspondre aux attentes de sa mère, elle-même psychorigide.

Posez-vous cette question : y a-t-il un moment clé dans votre histoire où vous avez senti cette bascule vers ce besoin extrême de contrôle ?

Les solutions et pistes d’évolution

Si vous souffrez de ce perfectionniste, que chaque imprévu est une souffrance, que votre obsession de l’ordre vous empêche d’apprécier un dîner chez une amie qui n’aurait pas nettoyer ses plinthes, il est peut-être temps d’explorer l’origine de cette obsession, la blessure et la peur qu’il y a derrière.

Il serait facile de vous demander de lâcher prise, mais pour que vous vous retrouviez seul face à votre peur ? Le lâcher-prise, oui, mais comme un apprentissage. Vous pouvez tester une chose et voir comment vous le vivez : la délégation. Déléguer, c’est accepter que les choses ne soient pas faites à votre façon. L’intérêt principal est de permettre aux autres d’apprendre, tout en vous aidant à amorcer votre propre chemin vers le lâcher-prise… L’apprentissage suit toujours le même schéma : action → erreur/échec → réflexion→ amélioration. Si vous faites toujours tout à la place des autres parce que vous estimez mieux le faire, vous les empêchez de gagner en autonomie.

Quand mon fils de 5 ans passe la serpillière, je me crispe, mais je le laisse faire. Il prend plaisir à manier l’objet, à se rendre utile. Il n’est pas dans la performance. Si je le surcharge de consignes pour être « efficace », avec mille étapes pour que ce soit parfait selon mes critères, il se découragera et ne voudra plus jamais le faire.

Si vous vous reconnaissez dans ce profil, je vous invite à lire mon article sur les rangements, pour pousser un peu plus loin votre réflexion : Histoire de boîtes et de casse-têtes.

Le perfectionniste procrastinateur

J’aimerais vous parler d’un autre type de perfectionniste… Celui qui, paradoxalement, peut vivre dans un véritable chaos. Celui dans lequel je me reconnais, celui qui procrastine.

 Comportements observés

Mon fils à 5 ans. Comme beaucoup d’enfants de son âge, il a besoin de repères visuels et de routines claires pour structurer son quotidien.

Je voulais lui offrir ce cadre rassurant en mettant en place une poutre du temps, un semainier et des supports pour nos rituels du matin et du soir. Une solution simple en apparence. Voilà deux ans que j’essayais, sans succès…

Aurais-je pu acheter ces outils tout faits ? Oui. Les fabriquer en suivant un modèle trouvé sur Pinterest ? Bien sûr. Alors pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Manque de temps ? Non. Manque de motivation ? Absolument pas. Je suis convaincue de leur utilité.

La vraie raison est ailleurs : mon perfectionnisme.

J’ai cherché le support parfait, correspondant à mes critères en matière de beauté, d’écologie, de praticité… Impossible. Trop de critères ! J’ai fini par renoncer… avec pour conséquence des routines chaotiques, des cris et des larmes.

Les blessures cachées

Puis j’ai fait appel à une thérapeute spécialisée dans la parentalité et la neuroatypie (petite particularité familiale). Elle m’a donné un conseil déconcertant de simplicité :

👉 Prenez une feuille, dessinez la routine avec votre enfant, et voilà !

Cela m’a littéralement pris deux minutes . Deux minutes ! C’était donc si simple ? Eh bien, oui. Et vous savez quoi ? Mon fils l’adore. Il la regarde chaque jour, il comprend. Une feuille, un crayon, et c’était suffisant.

Oh, et c’était une feuille de brouillon, même pas une belle feuille blanche ! Bon, si je suis honnête, cela m’a pris quatre minutes, car je n’ai pas pu m’empêcher de le refaire pour que ce soit plus propre. Mais c’était fait !

Autre point : J’ai une vision très claire et ultra détaillée des projets dans lesquels je me lance, ainsi que de ceux dans lesquels j’aimerais me lancer. D’ailleurs, si j’avais un super pouvoir, j’adorerais me dupliquer pour tout lancer en même temps, afin que chaque petit moi se concentre sur un projet spécifique.

Ces mécanismes de pensée empêchent le passage à l’action.

Dans les deux cas, je vois la montagne à gravir, et cela me paralyse.Pied de la montagne, montagne à gravir, procrastination

Solutions et pistes d’évolution

Derrière ces comportements, il y a des peurs. Pour moi, deux en particulier :

  • La peur de mal faire

  • La peur de l’échec

Face à ces deux peurs et aux comportements qui en découlent, j’ai mis en place deux stratégies :

  1. Je simplifie ! Tout. Au quotidien, c’est ce qui fonctionne le mieux : simplifier ses actions, son emploi du temps…

  2. J’avance pas à pas ! Je ne veux pas brider mon cerveau créatif, c’est un super pouvoir que j’adore, mais pour avancer, je me défais de l’illusion que je pourrai mener à bien tous ces projets au cours de ma vie. Je choisis un projet, une action, et j’avance.

pas à pas, petit à petit

Transformer le perfectionnisme

Les perfectionnistes, qu’ils soient rigides ou procrastinateurs, ont en commun une quête d’excellence et une vision précise de leurs aspirations. Lorsqu’ils apprennent à canaliser leurs exigences et à accepter l’imperfection, leur sens du détail, leur créativité et leur capacité à innover deviennent de véritables atouts.

L’enjeu n’est pas de renoncer à ses exigences, mais de les mettre au service de l’action plutôt que de les laisser vous paralyser. Pour cela, quelques principes peuvent faire toute la différence :

Se fixer des objectifs réalistes et progressifs
Plutôt que de viser un idéal inatteignable, avancer par étapes permet de maintenir la motivation et d’éviter l’épuisement (objectifs SMART)

Transformer la peur de l’échec en apprentissage
Chaque erreur est une opportunité d’amélioration. Adopter cet état d’esprit permet d’oser plus et d’avancer avec confiance.

Pratiquer le « fait est mieux que parfait »

Reconnaître la valeur de ce qui est accompli, même imparfaitement, libère de la pression et permet d’aller de l’avant.

Déléguer 
Accepter que les autres fassent différemment, déléguer c’est leur permettre de gagner en autonomie en allégeant votre charge mentale.

Rappelez-vous que nous ne sommes pas définis par un seul profil. Chacun de nous porte des en lui de multiples facettes, l’objectif n’est pas de se coller une étiquette, mais de comprendre ce qui nous anime pour mieux avancer.  Nous avons abordé ce premier profil ensemble, et dans un prochain article, nous en découvrirons un nouveau. En attendant, prenez soin de vous!

printemps, renouveau, soin

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